Tandis que chez nos voisins l’agriculture brassicole est en pleine relocalisation, le Vaucluse ne dispose pas encore de filière qui lui soit propre. En effet, la Drôme a récemment vu s’implanter une nouvelle houblonnière, un projet à l’initiative des frères Marconnets tandis que l’Ardèche dispose depuis quelques années de sa propre micro-malterie, Malteur Echos.

Qu’on se le dise, l’agriculture brassicole locale en est à ses balbutiements et, conscient de l’absurdité de faire venir des matières premières du monde entier pour produire une bière locale, les micro-brasseurs soutiennent de plus en plus les projet des agriculteurs locaux.

Casser la dépendance aux houblons américains !

En plus d’un prix onéreux, les houblons américains ont subit en 2015 une grosse pénurie sur de nombreuses variétés parmi les plus populaires dans le monde telle que le Centennial par exemple. Seul 30% de la récolte qui était prévue ont été finalement recueilli.

En conséquence, et puisque de l’autre côté la demande est de plus en plus importante, il était impossible de se fournir de nombreuses variété parmi les plus populaires et les plus recherchées. Difficile de remplacer les arômes d’agrumes et de pins du Centennial.

Pour faire face à ce problème et casser la dépendance envers les fournisseurs de houblon les plus importants, l’année 2016 a clairement été l’année de création d’une multitude de nouvelles fermes à houblon.

Une tendances qui s’est particulièrement fait ressentir dans l’état de New York aux États-Unis où les micro-houblonnières ont poussé comme des petits pains.

En France aussi, une explosion du houblon local ?

A ce jour, 95% du houblon qui pousse sur notre territoire est produit en Alsace par la CopHouDal. Mais ceci pourrait bien changer dans les années à venir.

Conscient qu’il faut faire face à la pénurie, on voit pousser de nouveaux projets de partout en France, comme aux États-Unis.

Le 03 Février prochain se déroule d’ailleurs le premier grand sommet sur le houblon en France, le Comice du Houblon. Une réunion cruciale qui devrait être très stimulante pour la re-création d’une filière locale.

En 2016, nous avons vu fleurir des projets en Drôme, dans le Rhône Alpes, en Loire-Atlantique et en Bretagne. Pour le moment, rien dans le Vaucluse mais tout porte à croire que d’ici quelques années, le houblon sera aussi présent localement.

La complexité de créer un projet de houblonnière

Créer une houblonnière n’est pas une fin en soi. En effet, bien que cela nécessite un investissement important, la problématique vient surtout du fait que la récolte et le séchage sont également très complexe et nécessite eux aussi d’importants investissement.

Comme pour le vin, il est primordial de voir également fleurir des coopératives pour que le houblon passe du champ à la brasserie. Le séchage, l’emballage, le conditionnement sont autant de problématiques critiques qu’il faut savoir gérer et amortir financièrement.

Heureusement, il semblerait que le gouvernement croit beaucoup en ce création de houblon français. Il faut dire que la filière céréalière rapporte gros à la France.

Nous sommes notamment le plus gros producteur d’orge au monde. L’intérêt gouvernemental pour l’agriculture du houblon, comme à Paris où le projet agricole sur les toits des bâtiments sélectionné pour cette année 2017 est justement la création de pico-houblonnières.

Avec l’appui du gouvernement, nul doute que le monde du houblon a de beaux jours devant lui.